LIBBRECHT Géo

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LIBBRECHT Géo

Poète, prosateur, essayiste.

Date et lieu de naissance : 17 / 2 / 1991 Tournai

Date et lieu de décès : Bruxelles

Origine :   Belge

Biographie : 

Né à Tournai, au quartier Saint-Brice, le 17 février 1891, Georges Libbrecht est d'origine modeste. Son père fut employé communal. De sa mère il hérita le tempérament animiste, le goût du mystère et de l'insolite dont il ne devait pas se départir.

Orphelin de père, il se complait à passer ses vacances scolaires chez son grand-père maternel, Henri, porion à la mine, dans la région de Boussu-Bois.

Etudiant, le futur poète se passionne pour les auteurs grecs et latins. L'antiquité classique le séduit. Il étudie Sophocle, Aristophane, Euripide, Homère, Hésiode, Héraclite. Plus tard, il se nourrira de la pensée orientale. A cette époque, un grand courant d'occultisme traverse l'Europe. Georges Libbrecht ne devait pas y demeurer indifférent.

Il entreprend des études de droit à l'Université libre de Bruxelles. En 1914, il est mobilisé et participe aux combats des Flandres. Il refuse tout grade pour demeurer proche de ses compagnons d'armes. Sa mère décède pendant qu'il est à la guerre.

Démobilisé, le jeune Libbrecht se retrouve seul et sans ressources. Il s'embarque pour Rio-de-Janeiro avec une poignée de compagnons décidés à faire fortune. Leur ambition? Exploiter la forêt brésilienne sur les rives du Tabatinguera. Un ancien esclave noir, Padre Domingo, «Monsieur Dimanche», les accueille. L'argent, les machines, l'expérience font défaut. L'aventure se solde par un échec. Géo Libbrecht a trente ans.

Il rentre au pays, s'inscrit comme avocat à la Cour d'Appel de Bruxelles. Le droit le déçoit. Il veut réussir dans les affaires. Agent d'assurances, il va de porte en porte. Il s'installe à son propre compte comme agent immobilier et fait construire des buildings. Il est riche à quarante-cinq ans.

En 1937, il abandonne les affaires et se consacre à la poésie. Il a déjà publié 5 recueils (Etincelles, 1934; Les sillons, 1935; Pastels et fusains, 1935; Guirlandes, 1936; Les vitraux, 1936). Passage à gué voit le jour aux Editions de l'Avant-Poste. Il s'ensuivra une abondante production - quelquefois inégale - qui lui vaudra le titre «d'aède aux cent mille vers».

En 1940, Tournai flambe sous les bombes incendiaires. Le poète traduit son désarroi dans son recueil Ville détruite (1946).

En 1963, c'est la consécration. Il succède au poète Thomas Braun à l'Académie royale de langue et de littérature françaises.

La même année, il découvre les poèmes wallons de Maurice Piron et se passionne pour le picard. Il devient membre titulaire de la Société de langue et de littérature wallonnes.

Entre-temps, le poète a créé sa propre maison d'édition, l'Audiothèque, où paraissent, outre ses Livres cachés, de nombreux cahiers anthologiques consacrés aux poètes contemporains.

Dès 1949, le futur académicien fut attentif aux activités de «Jeune Tournay», section des «Jeunes Ecrivains du Hainaut», qui allait devenir «Unimuse» en 1952.

Son influence au sein de ce groupement fut essentielle. C'est ainsi qu'il participa à la création du «Jardin des Poètes» en 1971 et à la réalisation de la première Ducasse poétique au Mont-Saint-Aubert en 1974.

Georges Libbrecht est décédé en septembre 1976, à Bruxelles. Il repose au «Jardin des Poètes», L'chim'tière au vint du Mont.

Quelle heure est-il à l'Eternité?

Tel fut le dernier message du poète.

Bibliographie : 

Etincelles, 1934.

Les sillons, 1935.

Pastels et fusains, 1935.

Guirlandes, 1936.

Les vitraux, 1936.

Passages à gué, poèmes, L'Avant-Poste, Verviers, 1937.

Palmiers du Taquouari, poèmes, Journal des Poètes, Bruxelles, 1938.

Outre-ciel, poèmes, Avant-Poste, Verviers, 1939.

Comptoirs dans le vent, poèmes, Cahier du Journal des Poètes, Bruxelles, 1940.

Enchanteur de toi-même, poèmes, L'Avant-Poste, Verviers, 1946, suivi de Légende satanique.

Ville détruite, poèmes et prose, L'Avant-Poste, Verviers, 1946.

Nous avons tous la même poésie, essai, L'Ecran du Monde, Bruxelles-Paris, 1948.

Songe, poèmes, La Maison du Poète, Bruxelles, 1949.

Sacre de l'univers, poèmes, L'Avant-Poste, Verviers, 1949.

C'est la terre et c'est le monde, poèmes, Au plomb qui fond, Verviers, 1950. Premio Internazionale Siracusa 1949.

Comme on prie, poèmes, Ed. Maia, Siena, 1951. Prix du Brabant 1950.

Ma soeur pour l'éternité, poèmes, Pierre Seghers, Paris, 1954. Prix international Simon Bolivar, Sienne, 1955.

Tapisserie de ma ville, poèmes, Ed. Dutilleul, Paris-Bruxelles, 1955.

La route, poèmes, L'Audiothèque, Bruxelles, 1955.

Le banquet des ombres, poèmes, Seghers, Paris, 1955. Prix triennal de littérature française (Gouvernement), 1955.

Les mains trouées, poèmes, Audiothèque, Bruxelles, 1959.

Livres cachés, prose et poèmes, Audiothèque, Bruxelles, Tome I, 1959, tome II, 1961. Introductions de Roger Bodart.

M'n accordéïeon, poèmes picards tournaisiens, Audiothèque, Bruxelles, 1963.

Glossaire picard-tournaisien, Audiothèque, Bruxelles, 1963.

Lés clèoques, poèmes en picard tournaisien, Audiothèque, Bruxelles, 1964. Prix biennal de poésie dialectale du Gouvernement 1963.

Livres cachés, Audiothèque, Bruxelles, tome III, 1965; préface de Roger Bodart. Tome IV, 1966; présentation de Carlos Roty. Tome V, 1968; introduction de Robert-Lucien Geeraert. Tome VI, 1969. Tome VII, 1970. Tome VIII, 1971. Tome IX, 1972. Tome X, 1973. Tome XI, 1974. Tome XII, 1975. Tome XIII, 1976. En préparation lors du décès du poète : tomes XIV à XVII . Ces Livres cachés reprennent les recueils édités précédemment (et qu'il ne nous est pas possible de citer tous ici). Impression sur papier bible au format 12 x 17 cm.

A consulter :

  • Le Thyrse, Bruxelles, de 1937 à 1966, nombreuses critiques des livres de Géo Libbrecht, par Armand Bernier, Marcel Hennart, Roger Foulon, Jean-Louis Van- ham.

  • Géo Libbrecht, choix de poèmes, préface d'Alain Bosquet, Seghers, Paris, 1952.

  • Bulletin de l'Académie, Bruxelles : Géo Libbrecht, Prix triennal. Le banquet des ombres, par Roger Bodart, 1959 (poésie 1953-55) et Géo Libbrecht, Prix biennal (poésie dialectale 1958-63) par Pierre Ruelle, 1964.

  • Géo Libbrecht, anthologie, par Roger Bodart, Seghers, Paris, 1966; coll. Poètes d'aujourd'hui.

  • Géo Libbrecht, anthologie, par Robert-Lucien Geeraert, Unimuse, Tournai, 1967; coll. Le miroir des poètes.

  • Les quatre-vingts ans de Géo Libbrecht, hommage et choix de poèmes inédits, Audiothèque, Bruxelles-Paris, 1972.

  • L'Ethnie française, Bruxelles, n° 5-6, novembre 1976, Géo Libbrecht pèlerin de l'invisible, par Gilbert Delahaye, et n° 3, septembre 1991, Redécouvrir Géo Libbrecht, par Gilbert Delahaye.

  • Cent auteurs, Éd. de la Francité, Bruxelles, 1982, Géo Libbrecht, par Robert-Lucien Geeraert.

  • La Pensée wallonne, Mons, N° 119, 1991, Pour célébrer Géo Libbrecht, poète picard, par Gilbert Delahaye.

  • Froissart, Famars, N° 60, décembre 1991, Géo Libbrecht parmi nous, 1891-1976, par Gilbert Delahaye.

Prix obtenus : 

  • Géo Libbrecht a reçu le Grand Prix quinquennal du Hainaut pour l'ensemble de son oeuvre en 1956
  • le Prix biennal dialectal de la Ville de Liège pour l'ensemble de son oeuvre, proclamé hors concours, 1969.
  • le Prix Octave Pirmez lui a été décerné en 1973.