STEEMAN Stanislas-André

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STEEMAN Stanislas-André

Romancier.

Date et lieu de naissance : 23 / 1 / 1908 Liège

Date et lieu de décès : Menton

Origine :   Belge

Biographie : 

Un moment éclipsée par la gloire de Simenon, l'oeuvre de Steeman jouit aujourd'hui d'un regain d'intérêt. Steeman, qui a comme son aîné oeuvré à l'introduction de la psychologie dans le genre policier, apparaît en effet aujourd'hui, à juste titre, comme un maître du roman à énigme. Au modèle classique anglais - où le meurtre est le point de départ d'un jeu logique -, l'auteur ajoute le sens du suspense, de la cocasserie et du jeu. Car Steeman joue sur un clavier très large. Chez lui, la rigueur dans la construction va de pair avec une réinterprétation très souple de la tradition policière. Son sens de l'humour autorise l'auteur à se moquer des conventions du genre, qu'il sait parfois respecter jusqu'à la parodie.

Ce n'est pas le moindre mérite de Steeman que d'avoir contribué à la naissance du policier français tout en lui ayant d'emblée assigné des limites très larges.

Stanislas-André Steeman est né à Liège le 23 janvier 1908.

Contrairement à Georges Simenon, ce n'est pas dans la Cité ardente qu'il vit ses heures d'adolescence. Il émigre tôt à Anvers où il fera ses études.

Mais, comme dans le cas de son célèbre aîné, c'est une carrière de journaliste tôt commencée qui constitua son écolage d'écrivain. En 1924 - il a donc 16 ans - , il entre au quotidien La Nation belge, où il restera cinq années. Classiquement, il y commence par la rubrique des faits divers, pour se voir ensuite confier des tâches réputées plus nobles : reportage et critique cinématographique...

Mais la vocation de l'écrivain est plus précoce encore : c'est à quinze ans qu'il publie son premier texte dans la Revue sincère, à laquelle il resta longtemps fidèle. Et c'est à même pas vingt ans qu'il publie ses premiers livres : des contes et des nouvelles. Très vite, l'auteur oblique vers la voie du policier. Il avait rencontré, à La Nation belge, un collègue avec qui il devait un moment faire tandem : Sintair - anagramme de Sartini - et Steeman signent ainsi Le mystère du zoo d'Anvers en 1928. Mais au début des années 30, Sartini retourne au journalisme pur, et Steeman s'oriente plus résolument encore vers le policier.

C'est en 1929, en effet, qu'il publie son premier livre écrit en solo : Péril. La reconnaissance suit rapidement ces premières manifestations d'originalité, puisque Six hommes morts est couronné en 1931 par le "Grand prix du roman d'aventures". Cette époque est très féconde : en quelques années, Steeman écrit une douzaine de livres, dont La nuit du 12 au 13, Un dans trois, Les atouts de Monsieur Wens, L'ennemi sans visage, La maison des veilles, L'infaillible Silas Lord. C'est au cours de cette période qu'apparaît le héros fétiche de Steeman : Wenceslas Vorobeïtchik, connu sous le nom de Monsieur Wens.

Ces premiers romans sont principalement publiés dans la grande collection Le masque, où commencent à paraître les romans noirs américains. Comme la plupart des titres de la série, les récits du jeune auteur sont de facture classique : situations closes, rigueur de la narration. Mais Steeman opte non pour le roman-problème à l'anglaise, mais pour un policier plus souple, où la subtilité psychologique joue un grand rôle. La part faite à la psychologie sera plus importante encore dans les romans de l'immédiat avant-guerre.

La carrière de Steeman connaît un premier sommet avec L'Assassin habite au 21 (roman qui constitue un retour à la formule classique, et qui fut réédité à de nombreuses reprises), puis avec Légitime défense, que le succès cinématographique rebaptisera Quai des orfèvres. Pendant la seconde guerre mondiale, Steeman est directeur littéraire du Jury. Le Jury est à la fois un bi-mensuel, publiant de brefs récits et des notes critiques, et une collection de romans. Cette collection connut un réel succès auprès d'un public que les malheurs du temps orientent volontiers vers la littérature d'évasion. Elle permit à Steeman d'offrir un large lectorat à la production policière belge, en même temps que de découvrir ou de confirmer de nombreux talents (dont ceux de Paul Kinet et de Max Servais). Cette époque difficile est aussi celle du groupe des "Auteurs Associés", où Steeman côtoie Jules Stephane, Thomas Owen, Jean Ray.

Après la guerre, Steeman, qui souffre du coeur, se retire dans le midi de la France. Après un intermède journalistique, il y écrira encore, jusqu'en 1962, un nombre important de romans, de facture plus libre que ceux de la première vague : Dix-huit fantômes, Poker d'enfer, Six hommes à tuer, La morte survit au 13, Le condamné meurt à cinq heures, Faisons les fous. C'est sa seconde période de production intense, dont profitent les Presses de la Cité.

Après huit ans de silence, il meurt à Menton en 1970.

Steeman a également adapté quelques uns de ses récits pour le théâtre.

Bibliographie : 

Les textes :

On fournit ici les références des premières éditions. On ne donne d'indications sur les rééditions (qui ont parfois été très nombreuses : il y en a eu au moins neuf pour Six hommes morts) que dans la mesure où il s'agit de rééditions contemporaines, aisément accessibles. Il faut noter qu'un même livre peut avoir reçu un nouveau titre au cours de ses republications (principalement lorsque le livre a été porté à l'écran : l'auteur adopte alors le titre du film : Six hommes morts devient ainsi Le dernier des six). Dans ce cas, on donne les deux titres, en fournissant d'abord l'énoncé primitif.

Les oeuvres policières complètes de Steeman sont en cours de publication (Libraire des Champs-Elysées, Paris) depuis 1991. Trois volumes ont paru à ce jour. Le premier tome comprend une importante préface de A.-P. Duchâteau. Chaque volume comprend des illustrations, une bibliographie et une filmographie. Une postface complète chaque roman.

  • Ephémères, Les Tablettes, St-Raphaël, 1924.

  • Histoires belges , La Pensée latine, 1926.

  • Un roman pour jeunes filles, La Revue sincère, 1927.

  • Les amants puérils, La Renaissance du Livre, Bruxelles, 1928.

  • Le mystère du zoo d'Anvers, Le Masque, Paris, 1928 (en collaboration avec Sintair).

  • Le treizième coup de minuit, Le Masque, Paris, 1928 (en collaboration avec Sintair).

  • Le maître de trois vies, Le Masque, Paris, 1929 ( en collaboration avec Sintair).

  • Péril, Ed. de la Gaule, Bruxelles, 1930.

  • Zéro, La Renaissance du Livre, 1932.

  • Le doigt volé, Le Masque, Paris, 1930.

  • Six hommes morts, Le Masque, Paris, 1930. Repris en Livre de Poche.

  • La nuit du 12 au 13, Le Masque, Paris, 1931. Repris en Livre de Poche (1975) et dans la collection Le Masque.

  • Le démon de Sainte-Croix, Moorthamers frères, Paris, 1932. Repris en Livre de Poche (1973) et dans la collection Le Masque.

  • Un dans trois, Le Masque, Paris, 1932. Repris en Livre de Poche (1968).

  • Le mannequin assassiné, Le Masque, Paris, 1932. Repris en Livre de Poche (1971) et dans la collection Le Masque.

  • Les atouts de Monsieur Wens, ou Des cierges au diable, Le Masque, Paris, 1932. Repris en Livre de Poche (1969).

  • L'assassiné assassiné ou Le trajet de la foudre, Le masque, Paris, 1933. Repris en Livre de Poche (1976).

  • Le yoyo de verre ou Virage dangereux, Le Masque, Paris, 1933.

  • L'ennemi sans visage, Librairie des Champs Elysées, Paris, 1934. Repris en Livre de Poche (1969).

  • Les fils de Balaoo, d'après Gaston Leroux, Librairie des champs Elysées, Paris, 1937.

  • Le lévrier bleu, Le Masque, Paris, 1934.

  • L'adorable spectre ou Feu Lady Anne, Le Masque, Paris, 1935.

  • La Maison des veilles, Rex, 1938. Repris par les Ed. Labor, 1985, coll. Espace Nord.

  • L'infaillible Silas Lord, Le Masque, Paris, 1938.

  • L'assassin habite au 21, Le Masque, Paris, 1939. Repris en Livre de Poche (1965) et dans la collection Le Masque. Rééd. Ed. Le Masque, 2006.

  • Légitime défense ou Quai des Orfèvres, Le Jury, Bruxelles, 1942. Repris en Livre de Poche (1967), dans la collection Le Masque, et par l'éditeur bruxellois Jacques Antoine (1985). Ré édition Le Cri, 2007.

  • Crimes à vendre, Paris, Les Editions Libres, 1946. Repris en Livre de Poche (1970) et dans la collection Le Masque. Ré édition Le Cri, 2007.

  • Madame la Mort, Presses de la Cité, Paris, 1951.

  • Dix-huit fantômes, Presses de la Cité, Paris, 1952.

  • Haute tension, Presses de la Cité, Paris, 1953. Ré édition Le Cri, 2007.

  • Poker d'enfer, Presses de la Cité, Paris, 1955. Repris en Livre de Poche (1972). Ré édition Le Cri, 2007.

  • Six hommes à tuer ou Que personne ne bouge, Presses de la Cité, Paris, 1956. Repris en Livre de Poche (1973). Ré édition Le Cri, 2007.

  • La morte survit au 13, Presses de la Cité, Paris, 1958. Repris en Livre de Poche (1974). Ré édition Le Cri, 2007.

  • Impasse des Boiteux, Presses de la Cité, Paris, 1959.

  • Le condamné meurt à cinq heures, Presses de la Cité, Paris, 1959. Repris en Livre de Poche (1970).

  • Une veuve dort seule, Presses de la Cité, Paris, 1960.

  • Faisons les fous, Karolus, 1961.

  • Peut-être un vendredi, Denoël, Paris, 1964.

  • Autopsie d'un viol, Denoël, Paris, 1964. Repris en Livre de Poche (1971).

Études :

Sur le roman policier en Belgique :

  • HERMANS Willy, Petit dictionnaire des auteurs belges de littérature policière, s.l. [ Liège], version originale, 1989.

  • DELLISSE Luc, Le Policier fantôme; mise en situation du roman policier belge de type classique, suivi d'un répertoire des auteurs et des collections; préface de Benoît Peeters. Éd. Pêle-Mêle, Bruxelles, 1984.

  • DE LAET Dany, Les anarchistes de l'ordre. Etude anthologique sur la littérature policière belge (1908-1980), Éditions Rectoverso, Bruxelles, 1980.

Ces deux ouvrages ménagent une large place à Steeman. En particulier, l'ouvrage de Dellisse constitue une remarquable étude steemanienne, ce que ne laisse pas attendre son titre.

Sur Steeman :

  • André-Paul DUCHATEAU, Préface in Steeman 1, Librairie des Champs-Elysées, 1991, p. IX-XXII.

  • Jacques DUBOIS, Lecture in STEEMAN, La Maison des veilles, Ed. Labor, 1985, 205-227.

Adaptations :

L'oeuvre de Steeman a été portée plus d'une fois à l'écran. Les plus célèbres des adaptations sont celles de Henri-Georges Clouzot (L'assassin habite au 21, 1942 et Quai des orfèvres, 1946). Mais nombre de romans de Steeman ont eu droit à une seconde vie cinématographique (Crimes à vendre, sous le titre de Le furet, Dix-huit fantômes, sous le titre de Le dortoir des grandes, etc.) Il y a également eu des adaptations télévisées (notamment par A.-P. Duchâteau) et théâtrales ainsi que des adaptations en bande dessinée (par exemple Six hommes morts et L'ennemi sans visage, adaptés par A.-P. Duchâteau et X. Musquera, Ed. Cl. Lefrancq, Bruxelles, 1989 et 1990). Certains textes ont connu plusieurs versions : romans réécrits, nouvelles développées, etc.

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