VAN LERBERGHE Charles

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VAN LERBERGHE Charles

Poète, prosateur et auteur dramatique.

Date et lieu de naissance : 21 / 10 / 1961 Gand

Date et lieu de décès : 26 / 10 / 2007 Molenbeek

Origine :   Belge

Biographie : 

Bien que conteur ou dramaturge à l'occasion, Van Lerberghe fut essentiellement un poète. Nul davantage sans doute que lui ne mérite l'étiquette de «symboliste». Admirateur fervent de Mallarmé et de Maeterlinck, il donne très vite à son oeuvre un style et un climat très personnels. Les poèmes de Solyane annoncent La chanson d'Ève, qui est son chef-d'oeuvre; ses pièces comme ses contes éclairent l'univers poétique qu'il habita: «un brouillard de lumière» où se distinguent à peine les ombres passantes de jeunes filles, symboles de rêves et d'idées.

Charles Van Lerberghe naît à Gand le 21 octobre 1861. Après le décès de son père (en 1868), il vit les sept années suivantes avec sa mère et sa soeur Marie, d'un an sa cadette. De 1867 à 1870, il suit les cours élémentaires à l'Institut Saint-Amant, puis en août 1870, s'inscrit au Collège Sainte-Barbe, tenu par les Jésuites. En 1871, il interrompt ses études sans doute pour des raisons de santé. Le 19 septembre 1872, sa mère meurt. L'orphelin est mis en pension au Collège de Melle, à Gand, par son tuteur, l'historien d'art et folkloriste Désiré Van den Hove, par ailleurs oncle de Maurice Maeterlinck. L'année suivante, Van Lerberghe retrouve le Collège Sainte-Barbe à Gand où il est le condisciple de Maurice Maeterlinck et de Grégoire Le Roy. C'est là qu'il écrit ses premiers poèmes et notamment un cantique à L'immaculée Conception. De 1879 à mars 1882, il suit les cours de philosophie et lettres à l'Université de Gand, mais, ajourné, il abandonne les études universitaires (qu'il reprendra sept ans plus tard) et mène une existence tranquille de bourgeois nanti.

Le 5 juillet 1886, Georges Rodenbach le présente dans La Jeune Belgique en même temps que Maeterlinck et Leroy; l'année suivante, les trois amis de Sainte-Barbe sont réunis à nouveau dans Le Parnasse de la Jeune Belgique.

Les flaireurs, écrits en 1888 et publiés en 1889, sont représentés au Théâtre d'Art (Paul Fort) à Paris le 5 février 1892.

En 1889, il s'est remis aux études à l'Université libre de Bruxelles, où il obtient (le 24 juillet 1894) le titre de docteur en philosophie et lettres (avec distinction).

En 1895, il commence à écrire Entrevisions, publié en 1898.

De 1889 à 1898, de la publication des Flaireurs à celle d'Entrevisions, aucun livre ne sera donc édité. Van Lerberghe habite Bruxelles, puis s'installe provisoirement à Bouillon avant d'entamer un voyage qui durera deux ans : Londres, Berlin, Dresde, Munich, Rome, Florence, Venise.

En 1901, une idylle naît entre lui et Béatrice Spurs, une jeune américaine rencontrée à Venise. Ça a bien été mon premier véritable amour, écrit-il à Fernand Severin le 18 mai 1902, avant de retourner à Bouillon.

La chanson d'Ève est publiée en 1904.

En septembre 1906, en visite chez G. Le Roy à Molenbeek Saint-Jean, il est terrassé par une congestion cérébrale; il reste paralysé et meurt un an plus tard, le 26 octobre 1907.

Bibliographie : 

Poésie :

  • Solyane et huit poèmes, dans Parnasse de la Jeune Belgique, Léon Vanier, 1887.
  • Entrevisions, Lacomblez, Bruxelles, 1898.
  • Entrevisions, s.l., Nouvelle société d'Éditions, 1936.
  • Entrevisions suivi de Poèmes posthumes, frontispice gravé sur bois par P.-Eugène Vibert, Crès et Cie, Paris, Les maîtres du livre, 1923.
  • La chanson d'Ève, Mercure de France, Paris, 1904, édition due à Albert Mockel. Rééd. Crès, Paris, 1926. Rééd. (préface de Roland Mortier), Jacques Antoine, Bruxelles, 1980, coll. Passé Présent.
  • Entrevisions, Rééd. Les Editions Palimpseste, 2007; coll. Singuliers. Préface de Luc Canautte.

Prose :

  • Lettres à Fernand Severin, Ed. La Renaissance du livre, Bruxelles, 1924.
  • Contes hors du temps, Abbaye de la Cambre, Bruxelles, 1931. (Série des auteurs belges éditée par les «Amis de l'Institut supérieur des Arts décoratifs», n° 5).
  • Lettres à une jeune fille, Ed. La Renaissance du livre, Bruxelles, 1954.
  • Des variations du goût dans l'art italien, - s.l., s.n., 1964.
  • Lettres à Albert Mockel, 1887-1906, édition établie, présentée et annotée par Robert Debever et Jacques Detemmerman, Ed. Labor, Bruxelles, 1986, coll. Archives du Futur - Tome I, Texte - Tome II, Notes et Index.
  • N'êtes-vous pas patineuse ? Lettres à Marguerite Gombert, édition présentée, établie et annotée par Jacques Detemmerman, coédition Académie royale de Langue et de Littérature françaises / Le Cri, coll. Collections de Poche, 2004.

Théâtre :

  • Les flaireurs, édition originale tirée à 25 exemplaires, La Wallonie, Liège, 1889. Rééd. Lacomblez, Bruxelles, 1891; Mercure de France, Paris, 1904. Les flaireurs sont représentés à Paris le 5 février 1892 (première représentation) au Théâtre d'Art, dirigé par Paul Fort. Repris à Paris au Théâtre de l' Œuvre, sous la direction de Lugné-Poë, le 18 janvier 1896.
  • Pan, comédie satirique en trois actes, en prose, Mercure de France, Paris, 1906.
  • Mademoiselle Le Faucheux ou l'Araignée bleue, Lamertin, Bruxelles, 1921.

A consulter :

  • Albert MOCKEL, Charles Van Lerberghe, Mercure de France, Paris, 1904.
  • Fernand SEVERIN, Charles Van Lerberghe, Palais des Académies, Bruxelles, 1922.
  • Lucien CHRISTOPHE, Charles Van Lerberghe, l'homme et l'oeuvre, Office de publicité, Bruxelles, 1943.
  • Claire MICHANT, Défense et illustration de la Chanson d'Eve, Éd. du Bourdon, Bruxelles, 1945.
  • Jean GUILLAUME, La poésie de Van Lerberghe : essai d'exégèse intégrale, Palais des Académies, Bruxelles, 1962.
  • Hubert JUIN, Charles Van Lerberghe, Seghers, Paris, 1969, coll. Poètes d'aujourd'hui, n° 186.
  • Robert GOFFIN, Solyane : un chef-d'oeuvre oublié, Seghers, Paris, 1969.